Depuis des temps immémoriaux, les hommes ont utilisé des produits naturels à des fins médicales. Ces produits, autrefois appelés "drogues", correspondaient aux médicaments d’aujourd’hui et, jusqu’au 19ème siècle, étaient vendus chez "le droguiste" puis chez "l’apothicaire". Ce fut le cas des feuilles de cannabis, de l’opium puis de l’héroïne utilisée comme antitussif et antalgique pour le traitement "héroïque" (au sens d’énergique) de la tuberculose, de la coca utilisée pour ses vertus stimulantes (les extraits de coca ont été intégrés dans le Coca-Cola ™ jusqu’en 1906), de la cocaïne utilisée à la fin du 19ème siècle comme anesthésique local en chirurgie de l’œil ou en ORL, ou plus couramment du tabac, utilisé aux 16ème et 17ème siècles pour guérir les plaies, ou de l’alcool utilisé pour désinfecter.

Certains de ces produits, qui modifient l’état de conscience, étaient et sont encore utilisés dans certains pays à des fins religieuses ou initiatiques pour entrer en contact avec les esprits.

Ces produits ont certainement de tous temps été détournés de leur usage médical ou religieux, à commencer par l’alcool qui depuis les temps bibliques sert à s’enivrer. Remarquons que le mot "toxicomanie" qui évoque un usage détourné et socialement réprouvé de ces produits n’est apparu qu’à la fin du 19ème siècle, montrant ainsi une prise de conscience par la société des dangers de ces produits et l’apparition d’un véritable phénomène social. Au cours du 20ème siècle, le mot "drogue" a été utilisé plus particulièrement pour désigner les substances illicites.

Cependant, le développement de la consommation de ces substances est un phénomène social récent. Si l’usage d’opium, développé dans les colonies d’Asie, restait confidentiel en Europe pendant la première moitié du 20ème siècle, l’usage du cannabis et du LSD par le mouvement psychédélique et les jeunes « baba cool s’est développé dans la décennie 1960-1970.Pendant la décennie 1970-1980, c’est l’usage de l’héroïne qui s’est développé.  Depuis les années 1980, le phénomène a explosé, particulièrement parmi les jeunes, avec l’usage du cannabis, de la cocaïne ou de l’ecstasy dans toutes les couches de la société, de la campagne à la ville, de la banlieue "difficile" aux quartiers les plus chics.

A l’aube du 21ème siècle, même si l’alcool reste la drogue la plus consommée, l’usage de cannabis et la diversification des drogues utilisées sont devenus particulièrement préoccupants.

  1. Les premières mesures

La première coopération internationale pour le contrôle des stupéfiants eut lieu en 1909, à la commission de l'opium de Shanghai, réunissant 13 pays, dont la France. Cette commission adopta plusieurs résolutions afin de supprimer totalement la production et la consommation de l'opium. Elle fut à l’origine de la première convention internationale de l'opium à La-Haye en 1912. Dès 1916, la France se dotait d'une réglementation visant à prévenir et à réprimer les ravages causés par certains stupéfiants.

  1. Les conventions internationales

Comme nous venons de le voir, la consommation de drogues s’aggrave dans la seconde moitié du 20ème siècle. Pour lutter contre ce phénomène, plusieurs conventions sont organisées sous l'égide des Nations Unies (ONU) :

  1. 1961 : la convention unique sur les stupéfiants, amendée par un protocole en 1972.

  2. 1971 : la convention sur les substances psychotropes.

  3. 1988 : la convention contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes.

Ces conventions interdisent la production, le commerce, la détention et l'usage des drogues, excepté à des fins médicales.

Au 1er novembre 2002, 179 pays avaient ratifié la convention de 1961, 172 celle de 1971 et 166 celle 1988.

Les pays signataires de ces conventions sont tenus de les traduire dans leur droit national. La France les a traduites dans la loi du 31 décembre 1970. Cette loi a été plusieurs fois actualisée depuis.

Aujourd’hui, la lutte contre la toxicomanie et le trafic des stupéfiants est un thème pris en charge au sein des instances de l'Union Européenne.

Enfin, certains composants sont nécessaires pour la fabrication des produits stupéfiants, ils sont nommés "produits précurseurs". Un système de surveillance et de contrôle du transit de ces composants a été institué pour éviter leur utilisation par les trafiquants.

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